Santé — 31 mars 2012
Les maladies nosocomiales détectées à distance par un tatouage dentaire

Retenez votre mâchoire ! Des scientifiques de l’Université de Princeton ont développé un capteur capable de détecter une infection bactérienne et de transmettre cette information à distance à votre médecin sans aucune intervention extérieure. Le mieux ? Ce capteur peut être tatoué sur une dent, comme ça vous ne risquez pas de le perdre.
 
 

Comment fonctionne-t-il ?

Créé par Michael McAlpine et son équipe de Princeton, ce capteur est un capteur chimique. Fabriqué à partir de graphène (un matériau composé de carbone d’un atome d’épaisseur), ce capteur peut détecter une bactérie au niveau d’une seule cellule ! Le mieux, c’est qu’il transmet cette information via une technologie sans fil (le RFID, un identificateur par radio-fréquence que l’on retrouve dans les cartes qui servent de clé électronique.

Comment est fabriqué ce capteur ?

Les chercheurs ont placé une petite grille en graphène (un matériau composé de carbone d’un atome d’épaisseur) sur une couche fine de soie transparente qui servira de support pour coller le tatouage. Ils ont alors placé l’ensemble sur une dent qu’ils ont ensuite aspergée d’eau afin de dissoudre la soie. Ce qui a pour effet de créer un circuit ultra-fin. L’étape suivante consiste  à placer des peptides sur le graphène. D’un côté, le peptide sert de colle pour adhérer au graphène, de l’autre, il est formé à partir d’une protéine anti-microbienne prélevée sur une grenouille qui est hyper sensible à la présence de 3 bactéries importantes.

Quand la protéine antibactérienne rencontre une bactérie, cela change sa membrane et expose le graphène à un petit champ électrique qui module sa conductivité. En interrogeant le capteur avec une antenne extérieure, on peut détecter le changement dans la conduction, et déterminer la concentration bactérienne.

C’est pour qui ?

Il existe plusieurs domaines d’applications qui me semblent intéressants. Le premier concerne les hôpitaux et les infections nosocomiales. Implanter ces capteurs sur les dents des malades ayant un système immunitaire affaibli pourrait aider à traiter les infections dès leur apparition. De la même manière, cette technologie pourrait être utilisée sur les champs de bataille pour savoir si la blessure d’un soldat s’est infectée.

C’est pour quand ?

Pas pour demain ! Hélas, un simple lavage de dent nettoie le tatouage. Mais il est tout à fait possible d’imaginer un appareil que l’on pourrait garder temporairement dans la bouche afin de détecter une infection. Le futur est prometteur.

 

Pour en savoir plus :

Le site RSC présente un bon article en anglais

La recherche complète peut être consultée sur le site de Nature

 

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A propos de l'auteur

Je suis journaliste en presse jeunesse et blogueur pour des sites sur les nouvelles technologies. Comme il me reste un peu de temps libre, je suis également responsable éditorial de Sciences-mag.fr. Je suis basé à Toulouse, et vous pouvez me contacter en utilisant ce formulaire .

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