Nouvelles-Technologies — 22 août 2012
Et si on stockait les données dans notre ADN

On le savait déjà, l’ADN stocke nos informations. Mais des chercheurs de l’Université de Harvard ont réussi l’exploit de stocker 700 To de données sur un seul brin d’ADN !

Des disques durs hyper légers

La biotechnologie vient de faire un énorme bond en avant avec cette technologie. Les chercheurs en biochimie et génétique, George Church et Sri Kosuri, ont réussi à  stocker 700 téraoctets de données sur un seul brin d’ADN qui ne pèse que quelques microgrammes. Pour stocker le même volume d’information sur des disques durs, l’ensemble péserait 140 kg en utilisant des disques durs à plateau de 4To chacun.  Selon eux, il serait possible de stocker l’équivalent de toutes les informations générées par l’humanité en une année dans seulement 4 grammes d’ADN. Voilà qui laisse rêveur.

Une durée de vie illimitée

Potentiellement, les disques durs sont invulnérables, sauf qu’en réalité, ce n’est pas le cas du tout. Par contre, les scientifiques arrivent à exploiter de l’ADN plusieurs centaines de milliers d’années après. Les chercheurs veulent renforcer cette utilisation sur la durée en vitrifiant l’ADN, ce qui permettrait alors d’enregistrer toutes les connaissances de l’humanité dans un tout petit espace et pour des milliers d’années.

La technologie

En informatique, le langage est binaire (1 et 0). Et l’ADN est formé de 4 bases ((Adénine, guanine, thymine, cytosine : T, G, A et C). Les chercheurs ont alors simplement réunis par paire ces bases. Par exemple, une des paires symbolisant le « zéro » est composée des bases A et C. Et le « un » est composé des bases T et G. Pour encoder les données, ils séquencent artificiellement un brin d’ADN. Pour aider le lecteur à comprendre le sens de la lecture, ils ont également inséré une séquence de 19 bits pour faire un numéro de séquence en tête du brin d’ADN. Pour décoder le tout, c’est aussi simple que de décoder un génome et en rassemblant les paires entre elles.

Et alors ?

Dans un futur pas si lointain, nos ordinateurs seront considérablement plus petits, plus légers, avec des capacités de stockage inimaginables aujourd’hui. De plus, s’il est possible de stocker les données sur ADN, cela signifie que l’on pourra sauvegarder nos donnée sur nous-mêmes, ce qui signera la fin du cloud computing et apportera une plus grande sécurité lors des transferts de données.  Bref, c’est de la science-fiction que devient réalité grâce à ces travaux.

 

En savoir plus

Le communiqué de presse publié sur le site de l’Université d’Harvard

Un article en français dans Le Monde Informatique

 

 

 

Articles similaires

Partage

A propos de l'auteur

Je suis journaliste en presse jeunesse et blogueur pour des sites sur les nouvelles technologies. Comme il me reste un peu de temps libre, je suis également responsable éditorial de Sciences-mag.fr. Je suis basé à Toulouse, et vous pouvez me contacter en utilisant ce formulaire .

(1) Commentaire de lecteur

  1. Je découvre cet article et, bien que fort intéressant, me pose cette question: si on vitrifie L’ADN, elle gardera sa forme pendant des milliers d’année, mais quand est il de l’édition (ou modification pour ceux qui préfère) des informations?
    Cela reste un point important car dans la conception logiciel, par exemple, il est nécessaire de pouvoir corriger les bugs, Mais on ne veux pas toujours conserver ces derniers non?

    sur ce bonne journée =)!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>