Espace — 29 août 2013
Lune : des preuves d’une source d’eau souterraine

Des scientifiques financés par la NASA viennent de découvrir des preuves d’une présence d’eau souterraine sur la Lune. Cette étude publiée dans le journal Nature Geoscience du 25 août 2013 nous en apprend d’avantage sur l’histoire de notre satellite et sa formation.

Comment détecter de l’eau ?

La NASA possède un instrument assez précieux pour détecter la présence d’eau à la surface de la Lune. Le Moon Mineralogy Mapper (M3) se trouve dans la sonde indienne Chandrayaan. Le but de cet instrument est d’analyser à distance les roches et d’établir une cartographie précise de la Lune.

Où ont-ils détecté les preuves de la présence d’eau ?

Les détecteurs du M3 se sont affolés en analysant le cratère Bullialdus, un cratère d’impact de 60 km de large près de l’équateur lunaire. Ce cratère possède un pic central composé d’un type de roche qui se serait retrouvé en surface suite à l’impact. Ils savent que cette roche vient des profondeurs de la Lune car elle se forme quand le magma est prisonnier en profondeur.

Eau sur la Lune

C’est quoi des preuves d’une présence d’eau ?

Les scientifiques ont analysé cette roche d’origine souterraine dans le cratère de Bullialdus.  Et voici ce que nous dit Rachel Klima, une des principales auteurs de l’étude, et professeur au laboratoire de physique appliquée de l’Université John Hopkins, « si on compare avec les environs, nous avons découvert qu’une portion centrale de ce cratère contient une quantité signifiante d’hydroxyle (une molécule composé d’un atome d’oxygène et d’un atome d’hydrogène), ce qui est une preuve que les rochers dans ce cratère contiennent de l’eau qui se trouvait à l’origine sous la surface lunaire. » Et cette découverte confirme au passage les analyses récentes faites sur des pierres lunaires ramenées par des astronautes de la mission Apollo, il y a plus de 40 ans.

De l’eau déjà détectée

En 2009, la Nasa avait envoyé un impacteur dans un cratère qui est en permanence dans l’ombre. Le M3 avait alors détecté une colonne de vapeur d’eau et de particules de glace.Le vent solaire (le courant de particules chargées émises par le Soleil) peut créer de fines couches de molécules d’eau quand il frappe la surface lunaire. D’ailleurs, M3 a trouvé de cette eau près des pôles quand il a cartographié la surface de la Lune en 2009. Mais les scientifiques pensent que cette eau ne peut se former en quantité qu’à une haute altitude, ce qui n’est pas le cas dans le cratère équatorial Bullialdus.

Et maintenant ?

Rachel Klima nous éclaire : « Maintenant que nous avons détecté de l’eau qui provient très probablement de l’intérieur de la Lune, nous pouvons commencer à la comparer avec d’autres caractéristiques de la surface lunaire [...] Cette eau magmatique nous donne aussi des indices sur les processus volcanique et la composition interne de la Lune, ce qui nous aide à nous poser des questions sur la manière dont s’est formée la Lune et à savoir comment les processus magmatiques ont changé quand ils se sont refroidis. »

En conclusion

On ne sait pas grand chose de la Lune. Par exemple, la théorie de la dérive des continents et de la tectonique des plaques sur Terre n’a été officiellement annoncé qu’en 1960. On pensait que la Lune était sèche, mais il semblerait bien que l’eau soit encore présente à sa surface. Nos connaissances devraient sans cesse s’améliorer. Et avec des sociétés comme Shackleton Energy Company et Moon Express, qui veulent extraire l’eau à la surface de la Lune la transformer en carburant pour fusée, on peut penser qu’une nouvelle économie devrait se mettre en place en même temps que les découvertes vont s’affiner.

 

Source

L’article publié par le Lunar Science Institute de la NASA

Un article sur l’analyse du cratère de Bullaldius par le LROC

Photo : le pic central du cratère Bullaldius : NASA/GSFC/Arizona State University.

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A propos de l'auteur

Je suis journaliste en presse jeunesse et blogueur pour des sites sur les nouvelles technologies. Comme il me reste un peu de temps libre, je suis également responsable éditorial de Sciences-mag.fr. Je suis basé à Toulouse, et vous pouvez me contacter en utilisant ce formulaire .

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