Nouvelles-Technologies — 23 janvier 2014
Comment retrouver un vaisseau fantôme plein de rats cannibales ?

Un navire d’une valeur d’un million de dollars est à la dérive quelque part dans l’océan… et selon les lois maritimes, il peut vous appartenir si vous le trouvez.

Le navire est un vaisseau fantôme de 1600 tonnes qui s’appelle le MV Lyubov Orlova.  En février 2013, ce navire d’exploration scientifique a été accidentellement perdu alors qu’il était remorqué en direction de Saint-Domingue. Mais lors d’une tempête, le câble de remorquage cède. Il dérive alors dans l’Atlantique sans équipage et sans balise de détresse… et il disparaît ainsi des radars.

Depuis, une véritable chasse au bateau fantôme a été engagée. Gardes côtes, surveillance satellite et une équipe de chasseurs d’épave hollandais se mobilisent pour retrouver le navire. Il est toujours là…. quelque part. Peut-être coulé, peut-être à la dérive. Cette semaine, les média britanniques ont affirmé qu’il transportait « des rats cannibales rongés par la maladie » et qu’il dérivait en direction des côtes britanniques. La première partie est certainement fausse, mais il peut effectivement menacer les côtes européennes ou les plateformes pétrolières car les courants le font dériver vers l’Irlande ou la Scandinavie.

Mais comment est-ce possible de perdre un si gros bateau ?

Les bateaux abandonnés ne sont pas aussi rares qu’on l’imagine. Par exemple, après le tsunami de 2011, un bateau de pêche est apparu au large des côtes américaines. La marin s’en est servi pour tester des armes sur lui et il a fini au fond de l’océan. de nombreux bateaux apparaissent un jour à flot et sans équipage. Un des plus mystérieux était le Bel Amica, qui a été retrouvé en 2006 dans la Méditerranée avec dans la salle des repas, des assiettes à moitié finies. Certains ont dérivé pendant des décennies sans qu’on les remarque. Au début deu 20e siècle, le Bachymo a été anadonné dans l’Arctique puis repéré plusieurs fois pendant les 38 ans qui ont suivi.

L’Orlova est vraiment gros, avec ses 100 mètres de long, il y a un restaurant, une salle de gym et il peut transporter 180 personnes ! Il y a quelques années, il était encore utilisé pour transporter des touristes dans les zones polaires.

Quand l’Orlova a disparu, les logiciels utilisés par les gardes côtes pour les missions de sauvetage et de recherche ont indiqué que les courants océaniques dominants le dirigeaient vers l’Europe. Mais plus les jours et les mois avançaient, la zone de recherche potentiel est devenu si vaste qu’il était impossible d’envoyer des bateaux ou des avions à sa recherche.

Un groupe de chasseurs d’épaves hollandais a essayé. L’an dernier, ils ont effectué deux missions dans l’Atlantique avec leur navire, sous-marin et hélicoptère. La loi maritime dit en substance que si vous lancez une corde sur un navire abandonné, alors il vous appartient. (Ou du moins le propriétaire doit vous donner une somme substantiel pour le récupérer). Malheureusement pour eux,  ils ont eu des problèmes de moteur, du gros temps et ils ont été obligés d’abandonner leurs recherches.

Un satellite aurait pu le retrouver ? Si on ne sait pas où regarder, la résolution des caméras sur l’océan est trop basse pour repérer un navire. C’est d’ailleurs un gros problème pour les gardes côtes et la marine. Pour repérer les bateaux de pêche qui explosent les quotas et les pirates, les gouvernements et les gardes côtes rêvent de développer des outils qui permettent de mieux se rendre compte des activités maritimes. L’océan est le dernier Far West sur Terre.

Il y a un autre type de technologie satellite qui pourrait aider cependant. C’est d’ailleurs l’option la plus prometteuse, employée par les gardes côtes irlandais qui craignent qu’un navire viennent s’échouer sur leurs côtes. Il faut croiser les sources. Les satellites radar scannent la surface de l’océan et tous les navires capturés sont réprésentés par des points sur l’écran radar des bateaux. En utilisant le système d’identification automatique par satellite qui montre les positions de tous les navires actifs sur l’océan (vous pouvez les voir en ce moment même ici). ce procédé pourrait en principe, révéler un seul bateau abandonné. Pourquoi ? La balise de détresse de l’Orlova était désactivée, il s’agirait donc du seul point radar qui n’émet pas.

Malgré ses efforts, les gardes-côtes irlandais ne sont pas parvenus à trouver le bateau en utilisant cette méthode. Ils ont cependant repéré un bateau de pêche illégal près de l’Ecosse.

En conclusion

Malgré toute notre technologie, il reste encore de grandes zones de notre planète où c’est facile de perdre quelque chose. Même si ce quelque chose fait la taille d’un immeuble.

 

Sources 

Newscientists

The Independent

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A propos de l'auteur

Je suis journaliste en presse jeunesse et blogueur pour des sites sur les nouvelles technologies. Comme il me reste un peu de temps libre, je suis également responsable éditorial de Sciences-mag.fr. Je suis basé à Toulouse, et vous pouvez me contacter en utilisant ce formulaire .

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