Santé — 19 mars 2012
Un gros Q.I. pour les bébés nourris à la demande?

Tous les parents veulent le meilleur pour leurs enfants. Alors forcément, quand une étude sérieuse affirme que les bébés nourris à la demande ont un plus gros QI que les bébés nourris à heure fixe,  elle fait du bruit.

Cette étude doit-elle être pris au sérieux ?

Réalisée par l’Institute for Social and Economic Research (ISER) et les universités d’Essex et d’Oxford (Royaume-Uni), cette étude a tout l’air d’être scientifiquement correcte. Ils ont fait passé des tests SAT auprès de 10 419 enfants. Les tests SAT sont des tests utilisés aux États-Unis pour évaluer les compétences des élèves en lecture, en écriture et en mathématiques. Ils ont alors remarqué que les bébés nourris à la demande avaient à partir de 8 ans un QI de 4 à 5 points plus élevés que les autres. En plus, ils conserveraient cette avance au moins jusqu’à 14 ans. Une des hypothèses pour expliquer cet écart statistique, c’est que les bébés nourris à la demande se sentiraient plus écoutés et plus réconfortés.

C’est quoi 4 ou 5 points de QI ?

Pour se faire une idée, si un enfant est de niveau moyen dans sa classe de 30 élèves et qu’il est à la 15e place. Avec 4 ou 5 point de QI en plus, il passerait à la 11 ou 12e place.  Pas de quoi fouetter un chat non plus. Mais c’est suffisamment significatif pour faire flipper les parents.

Alors, c’est grave si vous avez nourri votre bébé à heure fixe ?

Si vous avez nourri votre bébé à heure fixe, ce n’est pas grave non plus. Oliver James, un psychologue ironise d’ailleurs sur les résultats de cette étude qui enfonce des portes ouvertes :

Il n’y a rien de surprenant à ce que des femmes qui nourrissent à la demande soient plus fatiguées et que des enfants à qui on a procuré une très grande attention —y compris par l’alimentation à la demande— soient plus aptes à se concentrer, à avoir des problèmes avec l’autorité et obtenir de bons résultats à l‘école.

Le Q.I ? Un test idiot ?

En France, le test de Q.I. est régulièrement remis en question. Selon certaines études (et oui, encore des études), le quotient intellectuel n’intervient qu’à 20 % dans la réussite d’un individu. Pour réussir, il ne suffirait pas de posséder une bonne culture générale, de faire preuve de logique, de détenir de fortes connaissances techniques et des aptitudes mathématiques. Ce qui serait déterminant  pour la réussite d’un enfant serait  le Q.E. (le quotient émotionnel).

Conclusion ? Une étude inutilement angoissante

Ce genre d’étude a son importance, mais les conclusions sont inutilement angoissantes pour les parents qui ne savent plus à quel Saint se vouer. Ici, les chercheurs ont uniquement pris en compte les capacités à lire, écrire et compter. Pour faire un être humain équilibré et intelligent capable de réussir sa vie, il y a d’autres critères qui sont certainement tout aussi importants que de réussir aux examens. Parmi ces critéres, je peux citer l’aptitude à aimer, à s’émouvoir, à vibrer, à rire ou à remettre en question les études. À bon entendeur…

Pour lire le texte de la recherche dans son ensemble (ISER)
Pour lire un article sur le sujet en anglais (The Observer) et sur Slate.fr, vous trouverez la traduction.

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A propos de l'auteur

Je suis journaliste en presse jeunesse et blogueur pour des sites sur les nouvelles technologies. Comme il me reste un peu de temps libre, je suis également responsable éditorial de Sciences-mag.fr. Je suis basé à Toulouse, et vous pouvez me contacter en utilisant ce formulaire .

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