L’incorporation de biomasse usagée produit les carburants SAF

2 avril 2026
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La filière aéronautique cherche à réduire ses émissions par des carburants alternatifs durables.

Claire Martin pilote le projet BioTJET, qui valorise la biomasse usagée pour produire des carburants SAF, avec une logique industrielle et locale.

A retenir :

  • Usage de déchets lipidique et graisses animales collectées localement
  • Compatibilité avec moteurs et infrastructures existantes aéroportuaires opérationnelles
  • Réduction nette des émissions sur cycle complet mesurée indépendamment
  • Besoin massif d’électricité bas carbone pour e-SAF durable

Biomasse usagée et voies de production des carburants SAF

Les enjeux listés obligent à privilégier la valorisation de biomasse usagée comme ressource stratégique.

La filière combine procédés matures et voies émergentes selon les flux de matière, et cela conduit à des choix technologiques précis.

Voies de production :

  • HEFA — hydrotraitement d’huiles et résidus
  • Co-processing dans raffineries existantes
  • e-SAF synthétiques à partir d’hydrogène bas carbone
  • FT et autres synthèses biomasse-to-liquid
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Voie Exemples de matières Maturité Commentaire
HEFA Huiles de cuisson usagées, graisses animales Mature Déjà utilisée pour des mélanges jusqu’à 50%
Co-processing Résidus oléagineux intégrés en raffinerie Déploiement rapide Utilisation des infrastructures existantes
e-SAF H2 bas carbone + CO2 capté R&D / démonstration Forte demande électrique bas carbone
FT / BTL Biomasse ligneuse ou résidus Développement Investissements lourds nécessaires

Procédé HEFA appliqué à la biomasse usagée

Le procédé HEFA demeure la filière la plus mature pour transformer huiles usagées en carburant durable.

Selon TotalEnergies, l’hydrotraitement permet un apport rapide de volumes utilisables dans les flottes actuelles, sans modification moteur.

« J’ai coordonné la récupération d’huiles usagées, la logistique locale reste complexe mais faisable. »

Claire M.

Co-processing et intégration industrielle

L’incorporation via co-processing facilite l’usage des infrastructures, réduisant les besoins en nouvelle usine.

Selon TotalEnergies, ce mode permet de produire du SAF à moindres coûts initiaux en utilisant les unités existantes.

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Disponibilité, coûts et compétitivité des carburants SAF

Les contraintes industrielles évoquées entraînent des discussions sur la disponibilité et la compétitivité des carburants SAF.

Selon l’IATA, les besoins annuels atteindraient 450 milliards de litres en 2050, un objectif ambitieux pour la filière.

Risques et enjeux :

  • Rareté de matières premières locales
  • Coûts énergétiques élevés pour les e-fuels
  • Concurrence intersectorielle pour la biomasse

Disponibilité de la biomasse usagée pour SAF

La disponibilité locale de déchets lipidiques varie fortement selon les filières et territoires, et cela influence l’échelle possible.

Selon l’AFP, la concurrence pour la biomasse avec d’autres secteurs reste un enjeu majeur à résoudre.

Indicateur Valeur Source Commentaire
Production 2022 300 millions de litres AFP / IATA Niveau de départ pour montée en puissance
Objectif 2030 30 milliards de litres IATA Objectif intermédiaire exigeant
Objectif 2050 450 milliards de litres IATA Demande alignée sur neutralité carbone
Objectif UE 2050 63% carburant durable Union européenne Au moins 28% d’e-fuels requis

« Les citoyens veulent des vols plus propres, mais pas à tout prix. »

Sophie R.

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Coûts, surcoûts et mécanismes d’aide

Les coûts des SAF restent supérieurs au kérosène, ce qui soulève la question du partage des surcoûts entre acteurs.

Selon des acteurs du secteur, les multiples de coût peuvent varier de deux à dix fois, selon l’origine de l’électricité.

Déploiement industriel, infrastructures et perspectives pour les carburants SAF

Les leviers économiques et politiques conditionnent désormais le déploiement industriel à grande échelle pour le transport propre.

Des expérimentations comme BioTJET montrent des solutions reproductibles mais nécessitent des investissements soutenus pour passer à l’échelle.

Acteurs et financements :

  • Compagnies aériennes et quotas d’achat
  • Raffineries et intégrateurs industriels
  • Investisseurs publics et privés
  • Fonds d’innovation pour électrocarburants

Infrastructures logistiques pour l’incorporation de biomasse usagée

L’approvisionnement exige des réseaux de collecte, de stockage et de prétraitement adaptés aux volumes de matière disponibles.

Selon Elyse Energy, l’accès à l’énergie renouvelable bas carbone reste l’autre contrainte majeure pour le développement des e-SAF.

« J’ai vu des gains sur le terrain, mais les coûts logistiques pèsent lourd. »

Antoine P.

Partenariats industriels et rôle des opérateurs historiques

L’intégration des raffineries et la coopération entre énergéticiens et transporteurs accélèrent l’industrialisation et la standardisation des flux.

Selon TotalEnergies, les voies HEFA et co-processing offrent des points d’entrée rapides pour le marché, compatibles avec le parc actuel.

« Les SAF réduiront durablement les émissions si les coûts sont partagés équitablement. »

Julien B.

La mise en œuvre nécessite de coordonner acteurs, financements et acceptation sociale pour atteindre une réelle réduction des émissions.

Le passage à grande échelle dépendra enfin du soutien politique et d’un solide soutien environnemental pour sécuriser la filière.

Source : « Connaissance des Énergies », AFP, 16 juin 2023.

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